Il est perdu le vieux marin Dans son caban usé jusqu’à la corde Avec sa casquette défraîchie.
Depuis qu’il a posé son sac Qu’il a dit adieu à la mer Il n’est plus rien... Moins qu’une ombre.
Il a bien quatre sous pour payer la cantine Sa casquette, sa pipe d’écume Des souvenirs pas trop moches De Bordeaux à Valparaiso Mais personne avec qui les partager. Personne !
Alors il erre sur les quais à toute heure Comme une âme en peine, Accueilli nulle part. Et d’abord, d’où vient-il celui-là (…)
Tout paraissait perdu Nous n’avions plus de flèches Nos ennemis se rapprochaient perfidement Se préparant à nous scalper Nous n’avions que nos tomawaks et nos couteaux Et nos squaws Qui assistaient à la bataille Cachées derrière un épais talus Meurtrissaient déjà leur sein De désespoir. (…)