Un soir descend dans les jardins de neige,
Un cygne tourne, une fontaine meurt,
De grands voiles qu’irise un bateleur
Divin, pour l’envolée de ses arpèges,
Tournent, meurent, dans un dessin qu’abrège
La grâce mutine de l’Enchanteur,
Dont la baguette fige la fureur
De ces mains lascives, minces, que sais-je,
Peut-être tombées d’un flux transparent
Pour saisir la formule que je sens
Venir, lentement, comme une gondole
Qui promène sous le Pont des Soupirs
Et me porte, dormant sur Son épaule,
Au crime bleu que j’espère subir.